I-Stellung.
Chaque position comporte une tranchée principale (de combat),
une tranchée secondaire (de soutien), une troisième tranchée (de réserve)
parfois dans certaines zones, une quatrième et même une cinquième tranchée complète le système.
A l'arrière, entre 1500 mètres à 2000 mètres, une tranchée intermédiaire
(I-Zwischen-Stellung) et des éléments de tranchée couvrent l'artillerie de
campagne et les emplacements d’artillerie lourde.
Thiepval. Somme. Redoute Schwaben. I-Stellung.
Ruines d'un puits bétonné allemand.
Poste de tir & observatoire.
Mars 2003
Ces différentes tranchées sont reliées entre elles par de nombreux boyaux
de communication.
Des réseaux de barbelés plus ou moins larges protègent ces différentes tranchées.
Chaque réseau a une largeur de 10 mètres environ.
Chaque réseau est séparé par des intervalles variables (5 mètres à 10 mètres), quatre
à cinq réseaux sont établis devant la tranchée principale.
Un à deux réseaux protègent les tranchées successives.
Les villages situés dans la 1ère position sont pour la plupart fortifiés, de même que
les lisières des bois et des bosquets.
A titre indicatif, certains ouvrages bétonnés construits à l'intérieur des maisons et
des granges sont souvent utilisés comme observatoires d'artillerie ou à la surveillance
en général, d'autres sont de véritables réduits de mitrailleuses.
Les tranchées sont pourvues dans la plupart des cas d'abris traditionnels non bétonnés,
c'est-à-dire, avec une ossature boisée, coffrée et planchéiée.
Des abris destinés à la protection des hommes exposés au feu.
Ces abris sont installés sous quelques mètres de terre (trois à quatre mètres), d'autres
sont enterrés plus profondément et sont disposés à plusieurs niveaux (à Fricourt par exemple,
la première série d’abris se situe à moins cinq mètres, la seconde série à moins neuf mètres
et la dernière à moins douze mètres par rapport au niveau zéro du sol naturel.
Beaucourt-sur-Ancre. Somme. II-Stellung.
Abri bétonné allemand.
A l'horizon, la colline de Thiepval.
Mars 2002.
Des galeries liaisonnent entre ces différents abris qui comportent plusieurs issues.
Plus généralement, ces abris coffrés se situent sous deux niveaux (à Thiepval par exemple.)
Il y a lieu de mentionner aussi le confort de certains de ces abris souterrains : Electricité,
chauffage et eau courante, etc.
Il existe également d'autres types abris collectifs avec une structure composée de poutrelles
métalliques sur lesquelles viennent se fixer des tôles cintrées épaisses de 5 mm (avec une
protection de terre d’environ 1.50 mètre sur le dessus, parfois c'est une couche de béton
épaisse de 1,00 mètre qui recouvre le dessus, une couche de terre termine l'ensemble.)
De petits abris sous un mètre de terre, formés d'un cuvelage métallique de forme ovoïde
permettent aussi d'abriter deux hommes en position couchée.
Les postes de guet individuel sont parfois formé d'un cuvelage blindé protégé par des remblais
de sacs à terre ou de sacs de ciment durcis, d'autres postes également constitués d'une cuve
blindée sont renforcés d'une couche de béton armé.
D'autres types d'abri plus ou moins hétéroclites complètent le système défensif.
Ces abris non normalisés sont construits dans la plupart des cas avec des matériaux de
récupération divers (briques, poutrelles, rails, poutres, tôles, troncs d’arbre, etc.
Des ouvrages parfois renforcés de sacs de ciment durcis, de pierrailles ou même recouverts
d’une chape de béton grossier.
Les tranchées successives sont également pourvues d’abris profonds et d’abris traditionnels
qui sont parfois recouverts de béton (avec parois boisées et dessus en béton.)
Entre les tranchées, quelques nids de mitrailleuses dans des structures entièrement bétonnées,
mais aussi dans des structures traditionnelles (totalement en bois) ou bâtardes, c’est-à-dire,
en associant du sol au plafond, le bois (troncs, rondins, poutres, planches), au métal
(poutrelles, tôles, rails) et à d’autres matériaux comme la pierre, la brique et parfois le béton.
Un peu plus loin, la tranchée intermédiaire qui est parfois incomplète et qui comporte quelques
éléments de tranchée, considérée comme une position intermédiaire (I-Zwieschen-Stellung)
ne possède pas les caractéristiques défensives de la Première position.
Elle couvre les emplacements d’artillerie qui sont situés dans les vallées, les villages,
les bois et les bosquets.
Les canons quant à eux sont disposés dans des alvéoles coffrées mi-enterrées couvertes de
rondins, de troncs d’arbre, de poutrelles métalliques, de tôles, etc.
Les canons sont parfois disposés à ciel ouvert.
D’autres sont dissimulés dans des bâtiments tels que granges, appentis ou derrière des haies, etc.
Certains canons peuvent être sous couvert bétonné.
L’artillerie lourde située un plus en arrière est disposée approximativement de la même façon.
Les artilleurs qui sont soumis à des tirs de contre batterie possèdent des abris de types
traditionnels, d’autres sont en béton mais les cas sont rares.
La fortification.
Les villages de la Première position sont plus ou moins fortifiés.
Au nord de l'Ancre.
Gommecourt, Serre, Beaumont-Hamel.
Offiz. - Kasino. Montauban.
Cave renforcée servant de salle à manger aux officiers.
Montauban. Somme. I-Stellung.
Mai 2007
Pozières. Somme. II-Stellung.
Ruines du blockhaus allemand appelé Gibraltar.
Descente bétonnée vers abri.
Mars 2003
Au nord de la Somme.
Saint-Pierre-Divion, Thiepval (avec les redoutes Leipzig et Schwaben), Ovillers,
La Boisselle, Fricourt, Mametz, Montauban, Curlu.
Au sud de la Somme.
Frise, Becquincourt, Dompierre, Fäy, Soyécourt, Vermandovillers, Chaulnes, Chilly, etc.
Dans tous ces villages, les murs de certains bâtiments sont doublés intérieurement et complètement par des murs de béton coffrés ou par des épaisseurs de maçonnerie de briques et de pierres auxquelles viennent s’ajouter des parties bétonnées
Certains murs sont également renforcés intérieurement par des épaisseurs de matériaux divers simplement posés : Poutres, madriers, sacs de ciment durcis, gabions, etc.
Les murs extérieurs sont aussi renforcés par des déblais divers posés simplement : Pierrailles, sacs à terre, pierres, grès, etc.
Le plancher de l’étage est souvent recouvert d’une épaisse chape de béton ou encore par une couche épaisse de madriers et de poutrelles métalliques croisés et alternés.
Les dessus de caves sont également renforcés par des épaisseurs de matériaux divers ou par une forte épaisseur de béton (0.30 m à 0.60 m.)
Les plafonds de cave sont également étayés par de grosses poutres ou par des piliers maçonnés ou bétonnés disposées judicieusement (à Montauban par exemple.)
Les murs de certaines caves sont également doublés par des murs en béton.
II-Stellung.
La seconde zone de défense construite entre trois et quatre kilomètres à l’arrière de la position
principale est presque aussi puissante que la première.
Irles. Somme. III-Stellung.
Groupe de trois blockhaus allemands.
Mars 2002
Au nord de la rivière Ancre, la seconde
position court des lisières sud-ouest du village de Puisieux et vient passer par la ferme de
Baillescourt et par le village fortifié de Grandcourt, avec les redoutes Stuff et Zollern.
La position passe ensuite par la ferme du Mouquet (très fortifiée) et se dirige sur le village
fortifié de Pozières (au nord-est.)
Avec plus de précisions, il y a lieu de mentionner le village de Pozières qui comporte un système
défensif comptant plus de 200 mitrailleuses.
Le village par lui-même peut être considéré comme un élément avancé de la seconde position.
Deux ouvrages importants complètent l'ensemble défensif à Pozières, le blockhaus appelé Gibraltar
et le moulin à vent fortifié appelé « Windmill. »
Combles. Somme. III-Stellung.
Vue arrière d'un observatoire bétonné allemand (côté entrée.)
Février 2003
La position continue ensuite par Bazentin-le-Petit et Bazentin-le-Grand, puis par Longueval, le
bois Delville, la ferme Waterlot, Guillemont, Maurepas et Feuillères sur la Somme.
De Maurepas, une branche avancée, c'est-à-dire la position intermédiaire (II-Zwieschen-stellung)
, part vers le sud-ouest du village de Hem.
Une branche centrale, c’est-à-dire, la seconde position proprement dite part vers Feuillères.
Une branche arrière qui vient aboutir sur la Somme, à proximité de la lisière sud-ouest de Cléry.
Côté sud de la Somme, la seconde position située entre 1 et 2 kilomètres à l’arrière de la position
principale est jalonnée par les villages fortifiés d’Herbécourt, Flaucourt, Assevillers,
Belloy-en-Santerre, Berny-en-Santerre, Ablaincourt, etc.
Cette seconde position est caractérisée par une première tranchée avec Blockhaus pour
mitrailleuses. Cette tranchée est protégée par de nombreux réseaux de barbelés.
A titre indicatif, à droite du village d’Assevillers une tranchée appelée "Brunehild" empêche
tout accès au village.
Deux tranchées viennent compléter le dispositif : la tranchée d’appui et plus en arrière, la
tranchée de réserve pour les groupes d’intervention.
Ces positions citées précédemment liées à la première organisation allemande sont secondées
à l’arrière par une seconde organisation (dont les éléments sont en construction.)