Les origines de la construction de la ligne Hindenburg. (Extraits de manuscrit à paraître : Tous droits réservés)

Aux origines de la ligne Hindenburg

La conférence.
La conversation porte tout d’abord sur la réorganisation à mettre en place sur le front de la Somme avec le renforcement des points faibles et sur l’acheminement des renforts. L’objet de la conversation va surtout porter sur la méthode de défense à employer. Jusqu’alors, les troupes allemandes avaient l’ordre de tenir le terrain à tout prix, aucun recul n’était toléré, mais en certains points du front de la Somme, cette sacro-sainte règle n’a pas été toujours observée.
Par exemple, le général von Stein qui a fait évacuer la position de Fricourt et le général Pannewitz qui a fait évacuer une partie du plateau de Flaucourt sont mis à l'index et ces initiatives ne sont guère appréciées.

Hindenburg et Ludendorff écoutent attentivement les divers intervenants sans les interrompre et approuvent sans réserve les dispositions prises jusqu'à ce jour. Après avoir écouté les uns et les autres, Ludendorff intervient et demande avec force que les méthodes de combat soient revues et modifiées. Il insiste pour que les tranchées de première ligne soient dégarnies en n’y laissant que peu d’hommes prétextant que la plupart de ceux-ci sont tués inutilement lors des bombardements adverses, etc.

En conclusion, après toutes les critiques concernant les combats et le type de système défensif (abris trop profonds, tranchées de première ligne trop chargées en hommes, etc : De nouvelles dispositions sont prises, elles concernent notamment la mise en oeuvre de la défense élastique en profondeur déjà testée à plusieurs reprises dans certains secteurs du front de la Somme et observée par von Lossberg, le chef d’état-major de Fritz von Below. Sans entrer dans le détail de cette méthode de combat dite de “défense élastique,” elle sera dorénavant appliquée mais en réalité elle sera plus ou moins appliquée sur le terrain. Lors de ce débat, la mise en place du futur système fortifiée est alors évoquée de façon plus précise : Topographie et accidents du terrain, région, etc.

Monument aviateurs Allemands

Bertincourt, Pas. de. Calais. Monument aux aviateurs allemands dans le cimetière communal.
Février 2004.

Déjà, le 5 septembre, Hindenburg et Ludendorff ont ordonné mais sans précision aucune, la mise en place d’une zone défensive qui sera créée à l’arrière du front. Pourtant, au moment où se déroule la conférence, l'ébauche de cette position sans être officielle est déjà en cours depuis fin août, c'est-à-dire, quelques jours avant avant que Hindenburg ne le décide de façon officieuse.
En effet, les Anglais du R.F.C (Royal Flying Corps) constatent que des tranchées sont en construction dans le secteur sud-ouest de Cambrai : Régions de Gouy-Le Catelet, de Marcoing-Masnières, de Quéant-Bullecourt, etc.
Les Allemands décident donc de confier l'étude de cette position aux ingénieurs, techniciens et topographes militaires de façon à mettre en place une position de repli qui doit être " imprenable " de façon à exécuter un repli élastique, c’est-à-dire d’effectuer une retraite volontaire en bon ordre pour rebondir après s’être réformé et frapper définitivement l’ennemi. Le samedi 9 septembre, après cette conférence riche en projets et cette courte visite à Cambrai, Hindenburg et Ludendorff reprennent le chemin de Pless en Silésie.
Le 19 septembre, le projet est présenté à l’état-major allemand qui donne son approbation à l’exécution d’un tel plan.
Cette ligne de défense de 138 kms de long sera construite à l’arrière du front actuel et partira de Vimy, qui en sera le pivot nord, puis passera par la région sud-ouest de Cambrai, par St-Quentin

(de part et d’autre), par la région ouest de Laon et aboutira au Chemin des Dames aux environs de Vailly (Aisne), à l’extrémité sud du systéme Hindenburg.
A ce moment là, l’ordre de construction n’est pas formel, il le sera à partir du 27 septembre quand le Kronprinz Rupprecht von Bayern ordonnera le début des travaux.
Tandis que les travaux de la position Siegfried sont commencés, les travaux de la future position Wotan sont ordonnés dès le 4 novembre 1916 (ligne quéant-Drocourt.)

Partie suivante: Le système Hindenburg au sud-ouest de Cambrai.

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